En séance, hors séance


Pont-IC


La tension est palpable dans ces yeux qui me fixent. L’heure n’est pas aux réjouissances. 

Je suis là, avec lui.
 

Je laisse une fois de plus ce flot émotionnel m’envahir.

 

J’accepte de lâcher prise à mon mental pour me lancer dans les limbes de cette agitation, palpable. 






Pour celui qui accompagne, c’est un travail véritable que de se laisser habiter par cette histoire qui se dessine. Se laisser posséder par elle en sachant que c’est l’histoire de l’autre, non la sienne.

 

Accepter cette invitation au voyage, ce partage précieux, ces gestes quelquefois désespérés de celui qui se tient à nos côtés. Il n’est pas évident de se raconter, dans cette intimité tellement caractéristique du coaching. Ces histoires qui évoquent les pires moments de son existence, les débordements et les accrochages, les frustrations et l’inassouvi …

 

Le bonheur n’a pas besoin d’une séance de coaching pour se partager. Ce chemin que nous entreprenons en séance peut se révéler sinueux, et nous amener à approcher une limite. Tout notre travail consiste alors à en avoir conscience. Apprendre aussi à la poser. Dire la limite de l’exercice, quand celle-ci est dépassée.

 

Apprendre à s’extraire, se détacher de cette vie qui s’exprime en séance,  devant nous, et pour laquelle nous pourrions, le temps d’un égarement, avoir une volonté, un désir …

 

Accorde tes pas aux miens, pourrions-nous avoir envie de dire, après certaines descriptions, pour certains épisodes de vie particulièrement intenses, quelquefois des descentes aux enfers et des retours en arrière.

 

Chacun doit choisir par lui-même sa voie. Nous ne pouvons nous offrir ce « dérapage » dangereux du directeur de conscience, du maitre à penser, d’un « angelos », qui aurait perçu la lumière.


Non, aucun message ne nous a été confié, aucune ‘bonne’ parole n’est à transmettre. Le seul message et la seule parole qui comptent se trouvent en l’autre.

 

Cet autre … quelquefois, il me semble entendre ses pensées qui affluent, comme un murmureCe qui a été perdu semble avoir du mal à se retrouver, et cette perte nourrit en lui une ‘charge‘, essentielle, qui le met en mouvement et parle d’existence, la sienne. Elle ouvre à de nouvelles voies, et donne du sens.

 

Je me sens tellement souvent traversé par cette énergie et ces émotions …

 

Quand cet autre, tellement particulier, quitte le champ de l’accompagnement, là commence un autre travail pour soi.


Prendre soin de soi, de sa pratique
. Cette intention est présente en séance, elle prend toute sa mesure hors séance.

 

Analyser, mettre à l’épreuve ses approches, en dire quelque chose, accepter que d’autres oreilles puissent entendre ce qui s’est joué


En groupe de pairs ou face à son superviseur, nous tricotons et détricotons ce qui pourrait être travaillé autrement, ce qui reste pour nous, ce qui touche, ce qui donne de la joie. 

 

Nous le faisons aussi pour prendre soin de nous.

 

Nous le faisons pour vivre, encore et toujours, ces moments de coaching, tellement intenses …


 

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Tags Tags :  Supervision   Partage   Mentor   Coach   Prendre soin de soi   Miroir 

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