L’histoire d’un sourire

 Identite-Creatrice-Sourire

Depuis quelque temps, elle se calfeutre dans son bureau. Ce box et cette porte fermée lui permettent de s’échapper, pour aller arpenter ce champ de l’imaginaire qu’elle avait connu, plus petite, au temps de son enfance.

 

Elle a trouvé une réponse à cette promotion, tellement méritée, qu’elle n’a pas eue. La seule qu’elle ait pu. Le repli.

 

Dans un premier temps, son expression a été étrange. Ses collègues, semble-t-il,  ne la comprenaient plus. C’est à ce moment-là que l’on a fait appel à moi.

 

D’emblée ce besoin qu’elle a de se protéger, émerge. Un besoin érigé en forteresse. Je ressens cet appel …  rentrer au plus profond de moi-même et vouloir disparaître au regard. Je lui livre cette sensation.  


 

Et comme par un enchantement, cette femme séparée du monde, dans sa relation – cassée – aux autres, me sourit. Je reste un instant surpris par ce présent qu’elle me livre. Ma surprise l’amuse, elle sourit de plus belle.

 

 

Que peut faire un coach quand l’organisation semble générer des injustices, quand les décisions ne sont pas assumées ? Quand l’histoire se construit de biais pour ne pas voir la sensibilité de cet « ensemble » qui se nomme entreprise ?

 

Rien, à partir de cette posture en tout cas. Sinon en dire quelque chose.

 

L’engagement qui fait partie de notre contrat, quand on se sent à la limite, c’est de réussir à dire notre incompétence. Dire aussi ce que l’on voit et les limites de notre action.

 

J’entends encore les paroles de quelqu’un qui compte pour moi, dans ce monde du coaching. Je l’entends me dire, comme une boutade, que ‘le poisson pourrit par la tête’.

 

Il ne me restait plus que le courage de dire à ceux qui m’avaient appelé que je ne ressentais pas le problème là où ils l’avaient posé. Utiliser des mots choisis, avec douceur pour qu’ils soient audibles, et parce que je n’aime pas faire autrement, mais sans hésiter.

 

Je l’ai fait.

 

Mais aller plus loin, c’était difficile pour moi. 

Ça engageait d’autres actions, une autre posture et sur la partie coaching une intervention sur un autre niveau. 
J’ai passé la main.

 

 

Cette femme, je l’ai croisée récemment, au hasard d’un chemin.

 

Elle m’a offert, une fois encore, un sourire radieux, qui cette fois-ci emplissait son visage. Elle m’a dit son bonheur de vivre une autre histoire professionnelle, m’a parlé de son ambition et de ses envies nouvelles.

 

La forteresse a été utile, en son temps. Aujourd’hui elle s’est fissurée pour laisser entrer le langage. Celui que l’on comprend dans notre société et qui nous permet de nous entendre.

 

Prendre soin de ce langage silencieux qui est le nôtre et le traduire, quelquefois, quand l’en-vie nous prend.

 

Accepter à nouveau de jouer le jeu de celui qui, à nouveau, sait dire « je », « Je veux », « je souhaite », « je désire » …

 

La vie est pleine de promesses, elle est surprenante. La vie est belle.

 

 

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Tags Tags :  Histoire   Sourire   Reconnaissance   Repli   Forteresse   Contrat   Limites   Cadre   Impuissance   Puissance   Dire   Je 

Commentaire(s) :

1. Par Françoise le 12/01/2011
Merci pour ce sourire. Si j'ai bien compris le sens de cette histoire, je me permets de dire : Oui, quand on se la ré-approprie, La Vie est Belle.
2. Par wadih le 12/01/2011
Bonsoir Françoise,

Je ne connais pas le sens de cette histoire.

Ce que je garde pour moi de ce bout d’histoire c’est que la solution n’est peut-être pas dans le cadre initial. En l’occurrence, elle n’est même pas dans l’entreprise qui préconise l’action d’accompagnement.

Je suis également émerveillé par cette force intérieure qui nous fait tenir et avancer : malgré des résistances, une ‘sédimentation’ des relations et la ‘plongée’ (dont on ne ressort pas toujours indemne) de cette jeune femme, il y a eu une issue favorable qui était difficilement imaginable au démarrage.

Ce qui m’a touché personnellement aussi c’est le fait de réussir quelquefois à 'joindre' des personnes qui semblent pourtant tellement éloignées … ce n’est jamais une certitude.

Je ne sais pas si ON se réapproprie la vie ou si c’est la vie qui nous adopte à nouveau.

Quelquefois avec la meilleure volonté du monde, rien n’avance. Il faut faire avec ça et travailler sur la frustration que ça engendre. On grandit aussi de la sorte, enfin je le crois …

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