S’ouvrir ou se fermer

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La vie est une suite d’histoires. Des histoires d’entreprise, des histoires de vie, des histoires de relations entre les personnes … Certaines sont heureuses et d’autres moins. Quelquefois, nous décidons d’ouvrir notre regard à la beauté du monde. A d’autres moments, il nous arrive de « fétichiser » notre douleur et de porter une histoire malheureuse comme on porte sa croix et d’insister pour en rendre compte au monde.

Cette façon de faire peut paraître folle à première vue …

Pourquoi faire de la sorte ? Le bonheur est quand même plus « attirant » que le malheur, n’est-ce pas ?

Éros
et Thanatos seraient passés par là ?



Et si c’était plus simple … ? Posons-nous la question … Quels seraient les avantages induits liés à cette « position » … quand nous portons nos malheurs, nos difficultés, notre souffrance au monde … ? Quels avantages existeraient pour la personne qui « porte » ça ? Comment réagit-on face à une personne dans la douleur et la souffrance … ? Souvent, nous faisons encore plus attention à elle, nous la prenons « en charge », nous l’aidons …

Il n’y a pas que du malheur à être malheureux


Mais la vie est là ...

Quelquefois, malgré nos efforts répétés pour rester en possession de notre croix, un événement survient et ouvre un autre champ. Au gré d’une rencontre par exemple, ou bien une situation qui se dénoue merveilleusement alors que jusque-là des échecs répétés avaient marqué notre chemin … Et cet événement est là et appelle un espoir nouveau que les choses changent, structurellement, que notre chemin s’ouvre autrement …

Nous apprenons au gré de cette heureuse « bifurcation » quelque chose de nous-mêmes et du monde qui nous entoure et empli de cette assurance nouvelle, nous tentons de nouvelles alternatives que nous n’avions jamais envisagées jusqu’alors ...

Mais tant que le monde est monde et que la vie réside dans le mouvement, à un moment, ce « cadeau » peut perdre de sa valeur à nos yeux, cette nouveauté peut vaciller pour laisser la place à d’autres bifurcations … et c’est là où s’opèrent nos choix, c’est ici que l’on comprend si quelque chose s’est réellement transformé en nous …

Avons-nous été traversés par une brise éphémère ou une violente tempête et à quoi laissent-t-elles la place ? Ou est-ce le grand beau temps qui s’installe pour de bon ?

Quoi qu’il en soit, le champ est libre … un champ propice à la création et à l’épanouissement ou bien au retour en arrière, à la reprise en main de ce qui avait précédé, ce que nous connaissions de plus stable et de moins mouvant…

Deux voies nous sont accessibles, se dire oui, ma vie s’est élargie et de nouveaux horizons s’ouvrent à moi ou bien non, cette nouveauté tellement bonne n’était qu’un leurre que je vais très vite oublier, il ne faut pas que je rêve trop, l’essentiel est de revenir très vite à ce que je sais, à mes bases…


Si cela vous arrive un jour, et que vous n’avez pas envie de lâcher ce que vous avez tant apprécié à travers cette belle escapade, posez-vous ces questions …



Que suis-je en train de mettre en place concrètement, là, en ce moment, pour me prouver qu’il ne fallait pas y croire ? Ne pas croire en cette voie nouvelle qui s’ouvre à moi, ne pas croire en cette personne rencontrée, ne pas croire en ce changement qui survient ?


Comment est-ce que je revisite et reconstruit mon histoire, cette histoire pourtant récente et positive, pour, au lieu d’aller de l’avant, « valider » mon immobilité qui a fini par reprendre sa place dans le présent … disqualifiant tous les espoirs glanés au cours de cette expérience qui me semblait tellement enrichissante … mais que je vais dépouiller sérieusement de son contenu pour accepter plus facilement de rentrer dans une routine qui, à défaut d’être trépidante, est une histoire connue et surtout moins impliquante ?


De qui ou de quoi vais-je me servir pour justifier mon immobilité d’aujourd’hui ?


A quoi ca me sert que tout se bloque en permanence ?


Que ferais-je d’autre dans ma vie si je n’avais pas à gérer toutes ces circonvolutions qui bouclent sur elles-mêmes ?


Cette douleur persistante quel rôle a-t-elle dans ma vie ? Quel projet a-t-elle pour moi ?



A tout moment, nous pouvons choisir pour nous mêmes quel acte poser, quelle histoire construire, quelle vie s’offrir … au plus près du réel et du monde qui, quoi que nous fassions et quel que soit notre état d’humeur, restera plein de toutes ses potentialités et prêt à nous les offrir en partage … à tout moment.





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Commentaire(s) :

1. Par Françoise le 09/03/2012
En te lisant je me souviens de.....
"Le problème est le problème, la personne est la personne, la personne n'est pas le problème" de
Michael White
En reprenant tes mots : "A tout moment, nous pouvons choisir pour nous mêmes quel acte poser, quelle histoire construire, quelle vie s’offrir … au plus près du réel et du monde qui, quoi que nous fassions et quel que soit notre état d’humeur, restera plein de toutes ses potentialités et prêt à nous les offrir en partage … à tout moment.
Si je me trompe dis moi... mais j'appellerai cela
"Etre auteur de sa vie"...

2. Par Iris le 09/03/2012
Il ne nous est pas demande tant de reussir que de toujours essayer...

Peut etre que nos histoires passees peuvent nous servir de solides bases face aux nouvelles alternatives qui s ouvrent sur notre chemin ?

Echec ou Reussite ? Apprendre a se relever ou a accueillir le succes ? La peur est toujours la je presume.Pour les deux possibilites...
Autant l apprivoiser et faire avec.

Et comme vous le dites si bien Francoise,
"Nous sommes tous les artisans de notre vie"

Ton texte Ami donne beaucoup a reflechir...
3. Par Wadih le 09/03/2012
@Françoise : c'est la dernière question qui t'a fait penser à l' externalisation" du problème, c'est ça ? Oui, je pense aussi à cette façon de "redevenir auteur", en continu, comme un travail d'ajustement à chaque pas effectué ...

@"Iris" merci de nommer la peur. Je m'étais arrêté au processus mais après cela, chacun ira trouver dans son propre mode de fonctionnement ce qui resiste.

Et là, effectivement, ce sont nos peurs qui rentrent en ligne de compte. Peur de ne pas être reconnu, entendu, respecté, aimé, accepté ... Peur de ne pas réussir; de ne pas se relever, de ne plus être capable de se mettre en lien avec le vivant ... Et quelquefois se dire ... autant ne pas tenter. Et à d'autres moments, je veux aller au-delà de cette peur.

Ca me fait penser à cette phrase d'A. David-Neel « La bravoure est encore la plus sûre des attitudes. Les choses perdent de leur épouvante à être regardées en face.»

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