Inférence ontologique

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« Ses pas le menèrent un jour jusqu’à une rivière, dont les méandres nonchalants s’étalaient entre de grasses prairies, constellées de fleurs variées. La paix de ces lieux le portant à la rêverie, il se laissa aller sur la berge moussue à suivre du regard un bâton emporté mollement par le courant … ».



Cette personne suivra le bâton au gré de sa route et s’éveillera à elle-même portée par les découvertes que le chemin lui procurera¹ …

 
Mais au début du récit, elle n’en est pas là. Elle vient d’hériter et vit sans travailler, sans se priver.

A un moment de son existence, plutôt que de mener une vie oisive et sans saveur, elle décide de voyager à travers le monde et – se mettant à l’écoute - perçoit ce « signe », un bâton emporté par le courant …

Le « comment je gère ma vie » laisse quelquefois la place à autre chose. À ce moment précis, l’ontologique reprend ses droits sur le quotidien. Le merveilleux n’émerge plus de cet endroit là, il affleure dans le « miracle d’être »². Notre regard se tourne vers l’existentiel.

Coacher dans une organisation appelle immédiatement cette question. En tant qu’intervenant, où je place mon regard ? Sur le « comment ça se passe mal, comment ça se passe bien ? » au risque de passer à côté du sujet et de la vraie problématique ? Puis-je, dans cette « position » que je tiens et rémunéré par l’entreprise qui me donne pour « mission » d’accompagner l’un de ses salariés me mettre à l’écoute de l’essentiel de la personne qui est face à moi ? La ligne est tenue …

Et du côté de la personne ? Si la demande d’accompagnement vient d’elle-même, que souhaite-t-elle vraiment ? Elle saura le dire, bien entendu. Néanmoins, elle ne dira pas, de prime abord en tout cas, « je veux travailler sur un sujet existentiel ». Ce sont souvent d’autres sujets qui viendront… Et au fil du temps, de tricotage en détricotage … certaines portes apparaitront, des seuils émergeront … Des seuils à franchir ou à laisser en l’état.

Notre vigilance doit être grande à cet endroit là. Etre attentif au désir profond de l’autre. Où veut-il aller ? Est-il préparé à ce voyage ? Suis-je la bonne personne … ?

Dans certaines approches collectives comme le voyage symbolique ou second souffle, l’essentiel du processus nous amène à revivre ces moments et à « sortir de la boite » du quotidien.

Les archétypes mis en lumière par J. Campbell³ à travers ses lectures jungiennes et ses recherches sur les contes et légendes du monde servent, symboliquement, pour cette sortie en « terre inconnue » … aborder le présent du présent n’est pas toujours une mince affaire, affairés que nous sommes par les histoires du passé et envahis par l’espoir d’un futur.

Revivre l’appel profond de la partie la plus vivante en soi, sa confrontation au seuil, la recherche en soi des ressources nécessaires pour aller au bout du chemin, faire face au Dragon et accomplir sa quête. Et pour certains, revenir à sa vie, revenir chez soi, autrement …

Oui, un voyage, une aventure … 




¹ Marie-Christine Cabaud, Contes du Nepal
² Irvin Yalom, Le Jardin d’Épicure évoquant Heidegger
³ Joseph Campbell, Le héros aux mille et un visages

 
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Tags Tags :  Quotidien   Ontologique   Voyage du Héros   Symbolique   Second Souffle 

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