Solitude du dirigeant et Sparring Partner, Part 2

Solitude du dirigeant - Le Sparring Partner renvoyeur de balles, testeur d’idées, affineur de concept

Frédéric est dirigeant d’entreprise depuis 15 ans. Il a exercé ses responsabilités comme dirigeant de filiales de grands groupes.

Second volet d'une approche particulière d’accompagnement.

Wadih
: « Comment, à partir de ta pratique, vois-tu l’accompagnement du dirigeant ? »

Frédéric : "Pour le dirigeant d’entreprise, le Sparring Partner est un « renvoyeur de balles » : un « testeur d’idées », un « affineur de concept », un « premier public » pour ses communications.

Il a lui-même exercé des fonctions de dirigeant et a connu ces moments de solitude : une nouvelle idée, un nouvel axe de développement stratégique, mais auprès de qui le prévalider ? Plusieurs solutions à un problème, alors laquelle choisir ? Et n’y en a-t-il pas une meilleure ? Pas de solution pertinente, alors comment en trouver une ? Il y a-t-il corrélation entre mes objectifs et mes moyens ?

Le Sparring Partner a connu la large palette des réflexions puis actions qu’il faut conduire quotidiennement en tant que dirigeant. Il connait la typologie de l’ensemble des interlocuteurs du dirigeant : actionnaire familial ou fond d’investissement, les directeurs de toutes les fonctions de l’entreprise (Commerce, Supply Chain, DM, DAF, DSI, DRH,…), les partenaires sociaux, les grands clients, les fournisseurs stratégiques, les banquiers, les cabinets de recrutement, ...

Le Sparring Partner a su tirer de sa propre expérience les enseignements, les grands principes comme les petits « trucs », ce qui lui permet de comprendre vite le contexte et les enjeux business de son interlocuteur, sans pourtant devoir et vouloir connaitre le cas d’espèce aussi bien que le dirigeant lui-même. Il peut, il sait donc « renvoyer la balle ».

Le Sparring Partner est extérieur à l’entreprise, ce qui lui donne un regard neuf sur la problématique spécifique sur laquelle le dirigeant souhaite et a besoin de jouer une partie de « tennis intellectuel». Ceci lui donne le recul qui manque à celui qui dirige l’entreprise tous les jours. Le Sparring Partner peut partager avec le dirigeant des exemples de situations similaires et la façon dont elles ont été résolues positivement dans d’autres business (cross fertilisation).

Le Sparring Partner sait comprendre et interpréter un Compte d’Exploitation et un Bilan, riches en constats immédiats. Mais il sait surtout faire le lien entre ces informations chiffrées et un contexte de marché, la pertinence des actions menées, l’énergie mise par toute la chaine des collaborateurs… Il sait que les chiffres ne sont que des résultantes et non des facteurs de causalité. Des « out put » et non des « in put » qui sont, eux, pourtant le focus quotidien du dirigeant.

Le Sparring Partner n’est pas un Coach : celui-ci aide son coaché à trouver la solution idéale pour lui. Il est centré sur le comportemental, et non l’opérationnel.

Le Sparring Partner n’est pas non plus un Mentor
, qui va aider de jeunes entrepreneurs par un transfert d’expérience et sa connaissance d’un marché spécifique."

Wadih : « De quoi parlent-ils ? »

Frédéric : "De tous ces sujets « business » sur lesquels le dirigeant ressent le besoin de tester, roder son approche avant de prendre lui-même la décision. De sujets éminemment stratégiques comme de certains aspects exécutionnels qui ont aussi leur importance. De tous les thèmes dont il ne peut / veut pas parler avec ces interlocuteurs quotidiens."

Wadih : « Quelles sont les limites ? »

Frédéric : "Dès que l’on quitte les discussions de nature « business »"

Wadih : « qu’en est-il de la question de la transmission, que transmet le Sparring Partner ... ? »

Frédéric : "Il y a bien sûr une dimension de pédagogie active, intuitive, mais le Sparring Partner n’est pas un enseignant. Il n’est pas l’entraineur technique du champion. C’est un alter ego, un pair, moins pris par le quotidien, connaissant bien son métier pour l’avoir exercé. Et le Sparring Partner connait moins bien son contexte spécifique, ce qui lui donne plus de recul."  

Wadih : « Dans l’un des derniers articles, André développait l’idée que le coach permettait au coaché de se regarder lui-même dans le miroir.

Avec cette nouvelle idée que tu poses là, l’on pourrait dire que quand on est en présence d’un Sparing Partner, c’est l’image du Sparring Partner elle-même qui se reflète dans le miroir ? »

Frédéric : "André a certainement raison pour le métier de coach. Mais comme décrit plus haut, les deux approches sont différentes et complémentaires : Le Sparring Partner n’a pas compétence, ni vocation, à travailler sur la personne, ses émotions, son image d’elle-même, son comportement, sur le mode « faire émerger »…

De même, le Coach n’a pas vocation à donner activement un avis sur des problématiques stratégiques ou opérationnelles de conduite d’une entreprise."
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